11 février 2009
Fabriquer une teinture d'encens
Fabriquer ses propres teintures apporte une grande satisfaction.
-C’est enfantin à réaliser
-le résultat est souvent très parfumé
-les propriétés thérapeutiques sont réelles
-ça permet de varier les apports odorants quand on est obsédée intéressée par les combinaisons parfumées à incorporer dans un produit
Michèle a donné récemment le mode d’emploi pour faire une teinture de plantes fraîches (dans la recette du baume à l'achillée ici )
Je vais raconter le principe des teintures de résines comme l’encens ou le galbanum. Les résines sont des substances dures insolubles, le plus souvent d’origine végétale (mais l’ambre est aussi classée comme une résine) obtenues lors de l’incision de certaines plantes.
*Leur intérèt premier réside dans leur pouvoir fixatif. La teinture de benjoin (le benjoin est une résine) est ainsi la meilleure arme pour fixer les parfums maison faits à partir d’huiles essentielles et d’alcool. Après quelques temps de macération, son odeur douce et vanillée devient imperceptible.
*Autre point intéressant pour les résines: elles ont été utilisées depuis l’Antiquité dans les cérémonies religieuses et magiques. Ça ne fait donc pas de mal dans prévoir dans les produits; autant mettre tous les atouts de son côté!
*Enfin beaucoup enferment des substances anti inflammatoires (c’est le cas de la myrrhe, de l’encens, du galbanum, du mastic, du benjoin, du sang de dragon, du tolu, du copaiba etc… ) très puissantes. Revers de la médaille, certaines résines peuvent aussi être très allergisantes (attention au benjoin, au tolu, au baume du Pérou notamment)
J’ai déjà réalisé des teintures parfumées à base d’encens, de galbanum, de mastic.
Pour extraire au mieux les principes actifs d’une résine, mieux vaut utiliser un alcool de degré élevé. Dans les vieux manuels (je possède un manuel du distillateur de la fin du XIX° siècle), la macération se fait à 85° . Sur des sites qui proposent des teintures à la vente ( Avicenna par exemple) et indiquent le degré d’alcool, il s’agit souvent de 90°.
C’est en me plongeant une fois de plus dans le livre de Suzanne Cathy sur les hydrolats que j’ai trouvé l’arme secrète pour améliorer le parfum des teintures: l’intégration d’un hydrolat à la macération.
Ainsi, en partant d’un alcool à 96°, le plus pur que l’on puisse trouver, on abaisse le degré (j’ai abaissé pour l’encens entre 80 et 85°) avec un hydrolat puis on met le petit morceau de résine à macérer dans le flacon renfermant le mélange alcool+hydrolat et zou, dans un placard.
Ce système présente un autre intérèt que j’ai découvert après diverses tentatives: on obtient une teinture limpide. En effet, si l’on pratique une macération à 96° -pensant que plus c’est fort, mieux c’est- et que l’on dilue ensuite, c’est l’effet pastis qui se met en marche. Il y a précipitation immédiate et on obtient un lait blanc. De même si on dilue dans une macération ultérieure un morceau qui a d’abord macéré tout seul dans de l'alcool à 96, il y aura aussi précipitation.
Deux exemples concrets
1. Encens d’Oman (un cadeau de Michèle)
5g encens d’Oman
dans 30g alcool 96 et 20g eau de rose Centifolia
Filtré. J’ai oublié de noter les proportions de la deuxième macération que j’ai mélangée à la première. Mais le résultat est très limpide
2. Galbanum
Galbanum 5g
dans 50g alcool à 96
Reste de galbanum mou remis en 2° macération dans
20g alcool à 96 et 23g eau de rose de Provins
Filtré, résultat pur (à droite). Mais quand j'ai rallongé une partie pour diluer, le liquide s’est troublé. De même et quand j’ai réalisé une deuxième macération plus diluée, ça a précipité (à gauche) .
Macérations successives
Pour fignoler une teinture et extraire encore plus de principes actifs, on peut en effet pratiquer des macérations successives, ce qui est souvent évoqué dans les vieux textes. Après une première filtration, on récupère le morceau souvent un peu défait, on prépare une deuxième macération sur le même principe: alcool+hydrolat et on oublie le flacon dans un placard. Après filtrage de cette deuxième macération, on la mélange à la première. Le résultat: une teinture au parfum plus complexe. On peut continuer, j’arrête mes macérations “au nez”, quand ce que j’ai extrait n’est plus très puissant. Les troisième ou quatrième macérations peuvent d’ailleurs être utilisées pour fixer des brumes de maison.
Attention: les teintures concentrées de résine ont tendance à coller. Nettoyez bien les bouchons sinon, vous aurez bien du mal à ouvrir vos flacons.
Le site d'Avicenna: ici
Tableau pour calculer les dilutions alcooliques: ici
22 juillet 2007
Pas à pas Savon en refonte
Suite à une demande pressante de la part de Catherine, je me décide enfin à vous faire le pas à pas de la refonte de savons. Cela a déjà été très bien expliqué sur le blog de Zenbiloba, la bible en matière de refonte, mais sans les images....
Cette méthode marche bien avec la refonte de savons du commerce. Personnellement, quand je dois refondre mes propres savons, j'utilise la méthode de Michèle.
Le matériel
Il faut :
- un verre mesureur
- une balance de ménage
- deux casseroles de grandeurs différentes
- une bouilloire électrique (facultatif)
- une cuillère en bois
- un ou plusieurs moules en silicone (ou pots de yaourt...)
La recette
J'ai choisi une recette de savon à l'aloes de Zenbiloba qui m'inspirait bien
340 g de savon râpé
70 ml d'infusion de menthe
190 ml de gel d'aloes
10 ml d'huile essentielle de menthe
Mode opératoire
Peser le savon en paillettes
Moi, je l'ai passé au mixeur afin d'obtenir des particules vraiment très fines et qui vont fondre très facilement !
Mesurer le gel d'aloé
Faire l'infusion de menthe. Moi j'ai utilisé la menthe séchée que Libellune m'avait envoyé lors de notre troc. J'en ai fait volontairement plus que necessaire pour boire le reste... ;o)
Verser le savon dans la petite casserole et rajouter par dessus le gel d'aloes et l'infusion. Bien mélanger.
Mettre le tout au bain marie sur la plus grande casserole sur feu doux.
Remuer régulièrement avec la cuillère en bois jusqu'à obtention d'une pâte lisse et sans morceau de savon non fondu. Ici, ça m'a pris environ une heure. J'ai eu largement le temps de papoter avec tallulah sur msn en buvant mon infusion... Que du plaisir !
Enlever alors la casserole du bain marie et attendre quelques minutes afin que la pate à savon refroidisse un peu avant de rajouter les he. Bien mélanger.
Verser dans les moules.
Nettoyage
L'avantage, par rapport à la méthode à froid, c'est qu'on peut laver la casserole et cuillère en bois sans ajout de détergent, ni gants.... Un peu d'eau chaude et ça roule !
Démoulage
On peut démouler quand le savon a bien durci, ça peut prendre de une heure à 24 heures ! Ici, j'ai pu démouler au bout de 2 heures.
Séchage
Il faut permettre aux savons de bien sécher, pour ce faire, ils ont besoin d'au moins 3 à 4 semaines, afin de ne pas fondre trop vite à l'usage...
Pour plus de précisions concernant la refonte, je vous encourage vivement à consulter le blog de Zenbiloba qui a fait un superbe article à ce sujet.
19 mai 2007
Pas à pas Savon Lavande Pavot
Ca fait un moment que j'y pense, me voici enfin décidée à vous livrer sur ce blog l'article le plus populaire de mon blog ! Bonne lecture, et n'hésitez pas à poser toutes les questions qui vous viennent en commentaires !
Mise en garde
Avant de lire et d'appliquer le pas à pas qui suit, vous devez savoir que manipuler la soude c'est dangereux ! Le contact de la peau avec la soude provoque de graves brulures, de même qu'en cas d'inhalation, de contact avec les yeux et en cas d'ingestion. D'où l'intéret de bien vous protéger en prenant les mesures necessaires : gants, masque, lunettes de protection, vêtement à manches longues.
Pour plus de renseignements sur les dangers de la soude, allez voir ici.
Vous ne devez jamais prendre une recette trouvée dans un livre, dans un blog, dans un forum, pour argent comptant ! Il faut toujours recalculer chaque recette avec un calculateur adéquat tel que The sage, pour la vérifier et si vous la modifiez. Si vous échangez une huile contre une autre, il faut recalculer aussi car chaque huile n'a pas le même indice de saponification.
Il y va de votre santé, ne jouez pas avec !
En cas d'accident, je ne saurais être tenue pour responsable...
Les ustensiles
Tous les ustensiles doivent être à usage réservé aux savons (à cause du contact avec la soude). Il faut :
- une balance de ménage
- un saladier en pyrex
- un grand pichet résistant aux hautes températures et aux produits chimiques
- une plus petit pichet
- une spatule en silicone
- une grande cuillère
- un mélangeur à soupe à pied en plastique (surtout pas en métal)
- 2 thermomètres qui montent jusqu'à 100°C
- une casserole pour le bain marie
Les protections
Le contact avec la soude est dangereux pour la peau donc il convient de se protéger très sérieusement :
- un tablier, des manches longues
- des lunettes de protection
- des gants
- un masque nez-bouche
La recette
Même sur une recette trouvé sur internet ou sur un livre, il faut toujours vérifier les proportions à l'aide du calculateur the sage (le seul compétent en la matière sur le web, malheureusement en anglais).
Les huiles
Dans cette recette, il me faut : Revérifiez les proportions à l'aide de The sage pour peu que je me sois trompée en recopiant....
- 250 g d'huile de coco (coconut oil) = végétaline dans le commerce
- 200 g d'huile de palme (palm oil) = Spécial frites chez leader price
- 300 g d'huile de pépins de raisin (grapeseed oil)
- 200 g d'huile d'olive (olive oil)
Les ajouts supplémentaires
- 5 ml huile essentielle de lavande
- 2 càs de grains de pavot
La soude
On trouve la soude, en france, dans les magasins de bricolage sous la marque Spado.
Le dosage de la soude
Doser 300 g d'eau dans le grand pichet, et réserver.
Mesurer avec la balance et le petit pichet (ici un verre) 134 g de soude.
Attention, il faut être très précis sur ces mesures, la réussite de la recette en dépend !
Verser la soude dans l'eau (et pas le contraire pour éviter les projections)
Mettre le pichet dans l'évier avec un fond d'eau froide pour refroidir le mélange aux alentours de 40 °C.
Le dosage des huiles
Mesurer les huiles une à une dans le saladier à l'aide de la balance.
Pendant ce temps, mettre le bain marie à chauffer.
Mettre ensuite le saladier sur le bain marie et faire fondre l'huile solide. Porter le mélange à 40-42°C.
Le mélange des deux phases
Quand les deux phases sont à 40°C environ, verser la soude dans les huiles.
Mélanger les deux à l'aide du mélangeur à soupe et attendre la trâce.
La trâce
Le mélange devient beaucoup plus épais et quand on laisse tomber un peu de ce mélange sur le reste du mélange, il ne coule pas et reste en surface en faisant une trâce... Je ne sais pas si je suis bien claire là !
Voyez la photo :
La trâce est obtenue en 2 à 3 minutes.
L'ajout des suppléments
A ce moment, on peut rajouter les graines de pavot :
et l'huile essentielle de lavande.
Bien mélanger.
Coulage dans les moules
J'aime bien utiliser des moules en silicone pour mes savons. Le démoulage est super facile. Si vous n'en avez pas, vous pouvez aussi utiliser des boites de pringles ou des briques de jus d'orange ou de lait bien nettoyées.
Verser le mélange ainsi obtenu dans les moules à l'aide de la grande cuillère et bien racler les parois à l'aide de la spatule en silicone pour ne pas en perdre une miette... Du si bon savon, pensez donc !!!!
Appliquer par dessus les moules un plastique alimentaire style sel-o-frais pour éviter l'apparition d'une pellicule blanche à la surface du savon.
Mettre le tout dans une glacière ou si vous n'en avez pas comme moi, dans le four (bien avertir toute la famille que les nouveaux petits gateaux ne se mangent pas !)
et appliquer par dessus une serviette afin de bien garder la chaleur nécessaire pour le processus de saponification.
Maintenant on attend environ 24 h
Nettoyage
Pour nettoyer les ustensiles dont on s'est servis pour cette recette doivent être nettoyés avec de l'essuie-tout puis quand la plus grosse partie du savon est enlevée, laver avec une éponge réservée à cet usage et avec du liquide vaisselle. Ne jamais jeter le reste de savon dans l'évier !
Démoulage
Le lendemain, les savons sont près à être démoulés.
La période de séchage
Pour pouvoir être utilisé sans risque, il faut être sur que le
processus de saponification est bien terminé et que le savon est très
sec... Il faut donc attendre 4 semaines ! C'est long, je sais mais
c'est nécessaire !
On le met donc dans un endroit assez sombre et
bien ventilé... moi je n'ai pas dans ma maison cet endroit miracle
alors je mets mes savons dans ma chambre... au grand désespoir de mon
mari qui doit dormir encerclé par les odeurs les plus diverses.
PS : la phase de chauffe de l'huile n'est nécessaire que si dans les composants il y a des huiles solides (coco, palme, karité, cire d'abeille...). Si vous n'avez dans votre recette que des huiles liquides, vous pouvez préparer la soude plusieurs heures à l'avance de façon à ce qu'elle soit à température ambiante quand vous voudrez faire votre savon. Ceci évite l'achat de thermomètres et l'utilisation du bain marie.















































