Ode à l'ortie (2) : Le savon original à l'ortie
Par atelierdemichele
L'huile d'olive macérée à l'ortie m'a servi à fabriquer un savon cuit au four selon la méthode ITMHP.
C'est à dire que le savon est mis à cuire dans son moule au four à 70° (chaleur tournante) pendant 2h puis laissé à refroidir pendant une nuit.
J'ai eu la surprise de vivre ce que Elle06 et Venezia (je ne retrouve pas ton savon Venezia) relatent à propos de savons fabriqués selon cette méthode.
Ce qui m'a le plus surprise, c'est que le savon coulé en moule rectangulaire en plexiglas et cuit en même temps que les petits carrés en moule silicone n'a pas développé cet aspect de granit sur les parois lié à des bulles d'air qui s'échappent de la pâte je suppose ...
Le mystère reste entier mais je comprend leur stupéfaction.
Il est bien sûr facile de fabriquer ces savons avec de l'infusion d'ortie. Cette fois, je préfère expérimenter avec l'huile macérée qui donne une jolie couleur kaki pâle à la pâte.
Une couleur plus originale en somme que le vert végétal de l'infusion que j'aime aussi.
Savons à l'infusion d'ortie ici ou ailleurs
Formule du savon "original" à l'ortie
45% Macérat d'ortie sur huile d'olive bio
30% Huile de noyau de palme artisanale du Bénin
20% Beurre de karité du Bénin
5% Huile de macadamia bio
Eau de dégorgement de concombre bio et soude pour un surgras de 6%
Soie tussah et lactate de sodium
Charbon de bambou et dioxyde de titane pour les couleurs foncée et claire
Huiles essentielles de géranium bourbon, hélichryse femelle et poivre noir (Homéopharma Madagascar)
ITMHP 70° pendant 2H
Dans un moule rectangulaire j'ai mis le reste, un mélange de pâte neutre et pâte foncée en marbrage one pot.
C'est joli aussi mais vraiment différent.
Je profite de cette formule pour insister sur la douceur de l'huile de noyau de palme ou huile de palmiste malheureusement peu proposée chez les fournisseurs en France.
Je la trouve bien plus douce à la peau et même à la texture du savon que l'huile de coco que l'on pourrait mettre à la place. Toutes deux sont riches en acide laurique indispensable pour un savon moussant.
Autre savon à l'huile de palmiste
J'ai la chance d'en recevoir malheureusement en trop petite quantité à chaque fois directement produite artisanalement au Bénin. Elle est jaune pâle et présente l'odeur caractéristique de cette huile.
Le rendement n'est pas le même que pour l'huile de palme. C'est un boulot de romain de concasser les noix puis d'extraire l'huile des amandes. Je connais le travail que c'est et je le goûte toujours pleinement et en conscience.
Quand on a testé, on ne peut qu'aimer les savons avec cette huile en lieu et place du coco que j'aime bien pourtant. L'huile de babassu ne me donne pas les mêmes satisfactions.
L'huile de palmiste généralement vendue en Europe est raffinée, très blanche et inodore. Les problèmes écologiques et humains soulevés par la production d'huile de palme devraient être les mêmes pour la palmiste.
Il n'y a pas à ma connaissance de production raisonnée à grande échelle.
L'eau de dissolution de la soude est l'eau issue de mes concombres dégorgés l'été dernier je pense et mise à congeler.
Heureusement qu'on vide régulièrement le congélateur, je ne m'en souvenais plus...
Elle est salée et d'une jolie couleur vert d'eau très séduisante. J'ai déjà fabriqué des savons au concombre dans lesquels la pulpe mixée très finement donne une texture presque gélifiée très douce.
L'odeur de concombre (pardon Chabou) reste dans le savon mais très légèrement, j'avais beaucoup aimé et j'en ai mis une photo quelque part sur ce blog.
Si je la retrouve, je mettrai le lien.
A la trace très fine, la pâte à savon est séparée en 3 parties dont la plus grande reste neutre.
L'une est éclaircie à l'aide de dioxyde de titane dilué dans un peu d'huile et bien écrasé en un fluide lisse.
L'autre est foncée à l'aide de poudre de charbon de bambou (merci Isy via Mlk) diluée dans de l'eau et bien fluide.
J'ai coulé de la pâte neutre dans les petits moules cubiques puis versé alternativement par dessus de la pâte claire puis de la pâte foncée sans chercher à faire quoi que ce soit de précis.
Tout a cuit en ITMHP (In the mold hot process).
Mais seuls les petits cubes ont bullé comme l'on peut l'observer sur les côtés des savons. Et ça n'a pas bullé à travers le savon (?!)
Bon, on va dire que c'est original...
Les abréviations utilisées en cosmétique naturelle fait maison
Par atelierdemichele
Il est d'usage dans les mondes d'initiés, d'avoir recours à des abréviations.
En voici quelques unes qui émaillent les textes de ce blog et auxquelles ont recours toutes les personnes qui fabriquent leurs cosmétiques et savons.
Abs = Absolue
AC = Alcool cétéarylique
Antiox = Antioxydant
Aox-cos = Antioxydant vendu sous ce nom
Bio = Biologique
BK, bk = Beurre de karité
BM = Bain-marie
BV, Bv, bv = Beurre végétal
cc = Centimètre cube, millilitre
cc, cac, càc = Cuillère à café
Cas, càs, CAS = cuillère à soupe
°C = Degré Celcius
Coco frac = Huile de coco fractionné
Emu L = Emulsifiant L, C14-22 Alkyl Alcohol, C12-20 Alkyl Glycoside
EPP = Extrait de pépins de pamplemousse (conservateur naturel)
g, gr = Gramme
GMS = Emulsifiant Glycéryl mono stéarate
gtt, gtte, gttes = Goutte (s)
HA, Ha, ha = Hydrolat, eau florale
HE, He, he = Huiles essentielles
HAG = Extrait hydro-alcoolo-glycériné, extrait de plante sur un mélange d'alcool, d'eau et de glycérine
HG, extrait HG = Hydroglycériné, extrait de plante sur un mélange de glycérine et d'eau
HV, Hv, hv = Huiles végétales
INCI = International nomenclature of cosmetic ingredients, nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques
IPM = Isopropyl myristate
IPP = Isopropyl palmitate
KOH = Potasse
MF = Emulsifiant sodium stéaroyl lactylate
ml = Millilitre
NaOH = Soude caustique, hydroxyde de sodium, hydroxyde de soude
PP = Petit prince Yulaan, notre fils à toutes
PPP = Princesse au Petit pois, notre Venezia à tous
SCI = Sodium cocoyl iséthionate, tensioactif en poudre (pour shampoing solide par exemple)
SCS = Sodium coco sulfate, tensioactif en poudre (pour shampoing solide par exemple)
TA = Tensioactif
TM = Teinture mère
VE = Emulsifiant glyceryl stéarate
Vit = Vitamine
J'en oublie très certainement. Veuillez mettre en commentaires ceux qui manquent, je me ferai un plaisir de les rajouter.
Ode à l'ortie (1) : La macération huileuse d'ortie fraîche
Par atelierdemichele
Le mois d'avril est la saison; Les orties communes poussent enfin sur les bords des chemins et au bord de l'eau.
J'ai sorti mes gants, mes bottes en caoutchouc et mon grand bol en inox.
A peine aidée par un ramasseur très, très grognon qui a regretté d'être le seul à la maison cet après-midi là, j'ai récolté à grandes poignées des feuilles d'ortie des jardins (Urtica dioica Urticaceae).
Les propriétés médicinales de cette plante banale qui signe les sols fertiles sont détaillées dans un petit livre dont je faisais la critique ici :
"Remèdes et recettes à l'ortie" François Couplan, Ed. Rustica
Toutes les extractions valables sont des infusions, des teintures, des vinaigres, des jus ou des extraits secs. Il semble donc que tous les actifs sont plutôt hydrosolubles.
Mais il est fait mention sur les sites d'herboristes et dans le livre de F. Couplan d'une macération huileuse sur huile d'olive considérée comme une excellente huile de massage ou un tonique capillaire.
A défaut d'être certaine de l'efficacité, j'ai au moins une huile d'olive de qualité et une jolie couleur vert pâle qui ressort assez bien dans les produits que j'ai fabriqués avec la macération.
Mon ode à l'ortie sera composée de plusieurs épisodes dont le premier est la fabrication de l'huile d'olive bio macérée à l'ortie fraîche.
Elle est simple à réaliser comme toutes les macérations huileuses.
Je ne pratique la macération solaire qu'avec les sommités fleuries de millepertuis; Toutes les autres sont à présent des triples macérations à chaud au bain marie doux.
Les feuilles d'ortie sont finement hachées au couteau et doivent être travaillées aussitôt après la cueillette pour leur éviter de noircir.
Je ne les effeuille qu'au moment de les hacher afin de leur conserver une certaine fraîcheur.
Feuilles d'ortie fraichement cueillies et hachées au couteau rouge
Je choisis une huile d'olive bio de Sicile.
Je l'utilise depuis des années pour la cuisine, la cosmétique, les savons ... et me fournis grâce à une amie en bidons et bouteilles à chaque production : La uliva di Marco Alabiso.
Elle est très pénétrante, de couleur claire jaune-dorée et son parfum très léger ne contrarie nullement les cosmétiques que je fais avec. C'est une huile d'olive que je trouve très cosmétique.
- 1 bol (environ 250ml) de feuilles fraîches d'ortie tassées
- 250 ml d'huile d'olive bio
- 1 capsule de vitamine E (0.5g)
Cette fois, je verse simplement l'huile chaude sur les feuilles comme je l'avais fait pour le parfum très fidèle dans un enfleurage de roses rouges.
L'huile d'olive est gentiment chauffée à 80° maximum et versée sur les feuilles hachées entreposées dans un bol haut. J'ajoute la vitamine E et à l'aide du thermomètre, je touille de temps en temps jusqu'au refroidissement pendant 1 h environ.
Je filtre sur filtre métallique en exprimant bien avec une spatule en silicone.
L'huile obtenue est trouble de l'humidité des plantes et ce n'est pas un souci puisque je procède à une triple macération avant de filtrer drastiquement.
Il suffit de récupérer l'huile de première macération et de la chauffer à 80°C. Verser ensuite sur le contenu d'une capsule de vitamine E et de nouvelles plantes.
Cette opération sera donc répétée à 3 reprises.
A la toute fin, je filtre l'huile triplement macérée sur filtre en tissu (merci Moune) puis sur filtre à café en papier non blanchi au chlore.
On peut voir sur les photos ci dessous que l'huile devient plus limpide au fur et à mesure des filtrations.
En fonction de la quantité d'eau retenue, il peut être nécessaire de filtrer deux fois sur papier.
Seul le papier absorbera l'humidité résiduelle qui peut limiter la durée de vie de la macération.
Comment fabriquer un filtre en tissu (lire dans les commentaires le lien donné par Moune)
L'ortie ne colore pas intensément et l'huile sent délicieusement les plantes. J'aime particulièrement l'odeur qui s'en dégage quand on verse l'huile chaude dessus.
Cette macération huileuse d'ortie peut s'utiliser telle quelle en guise :
- d'huile de massage pour les corps douloureux, les articulations arthrosiques enrichie ou non d'huiles essentielles adaptées
- de bain d'huile tonifiant pour cheveux secs
- d'huile pour booster la mémoire et stimuler la créativité selon Hildegarde de Bingen ...
J'ai trouvé toutes ces indications uniquement sur des sites marchands, je ne peux pas affirmer que cela fonctionne.
F. Couplan la donne comme anti-vergetures.
Mes livres de phytothérapie hormis celui de F. Couplan sus-cité, restent muets sur les extraits lipidiques donc j'utiliserai mon huile à l'ortie pour fabriquer :
- un savon
- un baume
- une émulsion
Tous à l'ortie fraîche des bords de chemins.
A vos orties, il fait enfin beau !
Crème peaux mixtes à l'huile de limnanthe
Par totopetitpas
Allez, avec la photo de classe, tout de suite la formule en % :
Phase A
1,0 Montanov L (émulsifiant L)
0,5 alcool cétylique
5,0 dicaprylyl carbonate
5,0 propanediol dicaprylate
5,0 HV limnanthe
2 gt Antiranz
Phase B
64,7 eau
2,0 glycérine
1,0 allantoïne
0,8 Eukyl 300
1,0 Soothex
2,0 Fucogel
0,5 TECA (poudre)
3,0 Rice NS
Phase C
2,0 Simulgel EG
Phase D
1,0 bisabolol
3,0 Biosoline
1,0 Kiosmétine
1,0 vitamine E
5 gt HE encens (Boswellia carterii)
5 gt HE géranium rosat
5 gt HE romarin verbénone
5 gt HE santal
Mode opératoire :
- Fondre A à 80°C.
- Verser l'eau bouillie sur B et mixer quelques instants (pour homogénéiser la phase aqueuse, riche en ingrédients).
- Verser B sur A et mixer 3 minutes pour émulsionner.
- Ajouter C et mixer quelques instants (en fait, autant que l'épaississement le permet).
- Homogénéiser lentement à la spatule jusqu'au refroidissement.
- Ajouter D, homogénéiser lentement à la spatule et couler en pot ou en flacon airless.
J'utilise un Bamix avec son disque émulsionneur :
Il tourne jusqu'à 14000 t/min. Yahou ! Je peux vous dire que ça dépote dans le bécher. Si on prend soin de bien garder l'embout collé au fond, on est presque sûr de ne pas faire entrer d'air et on évite ainsi la déconvenue (majeure pour moi) de se retrouver avec une mousse. Bah oui, c'est comme ça, j'aime pas les mousses !

C'est la fête dans le bécher !
Pour ce qui est des phases, voici l'explication :
Ma phase huileuse (A) est classique. La phase aqueuse (B) contient des actifs que j'expose en effet à haute température (Non, ne hurlez pas !). Je me fie pour cela aux fiches techniques des laboratoires fournisseurs.
De même, je n'hésite pas à utiliser des parabènes (Cessez de hurler, vous dis-je !), après m'être éclairé.
J'introduis la phase C, le Simulgel EG, une fois que l'émulsion est bien prise. À ce stade et à cette température (70° environ), c'est encore un lait très fluide grâce à Montanov L, ce qui permet de mixer le polymère sans obtenir immédiatement l'épaississement maximal qui rendrait le mixer inopérant.
J'homogénise lentement, très lentement et sans bain-marie d'eau froide. Je me fais peut-être des idées, mais je crains qu'en accélérant le refroidissement se produise une cristallisation.

Arf ! Mon aïe-fonne ne fait pas de beaux plans serrés !
Mais vous voyez l'onctuosité de l'émulsion.
Vous aurez noté que je n'acidifie pas la préparation. Mon eau de source a un pH de 6, j'estime donc qu'il est inutile d'ajouter de l'acide lactique, d'autant que les actifs sont pour certains acidifiants.
Maintenant, quelques explications sur le choix des ingrédients.
Émulsifiants:
Dans ma quête de la texture parfaite, j'apprivoise depuis quelque temps le couple Montanov L et Simulgel EG (notez l'appellation EG, en effet il y en a d'autres).
L'association glucoside - polymère donne des crèmes onctueuses, fondantes et de bonne tenue même avec peu de phase grasse, comme ici. De plus, Montanov L offre un toucher très doux (renforcé ici par le Rice NS) et Simulgel EG assure une pénétration quasi immédiate.
Émollients:
Des esters gras de chez Heliocosm, pour émollier (ça existe, ce mot ?), donner du glissant et du confort, tout ça sans alourdir, bien sûr.
De l'alcool cétylique, pour la tenue. J'utilise d'ordinaire du palmitate de cétyle, plus fin et sophistiqué, mais je le soupçonne de réagir avec l'extrait de Centella Asiatica. En effet, par deux fois, j'ai vu ma belle émulsion hyper blanche et brillante se transformer en mayonnaise tournée sous mes yeux écarquillés d'horreur au moment de l'ajout du précieux (en plus !) extrait. Never again...
Avez-vous déjà connu cette mésaventure ?
Normalisant:
J'ai choisi l'huile de limnanthe sur une indication de Venezia qui se réfère à une étude qui la donne pour normalisante des peaux mixtes (anti-séborrhéique sur les zones grasses, adoucissante sur les zones sèches.
Autres actifs:
Je résume car vous trouverez beaucoup d'informations sur le site de Copaïba.
C'est un peu l'armada puisqu'au final, ça nous promet hydratation, retard du vieillissement (de la peau seulement, mais c'est déjà pas mal !), anti-inflammation, réparation et protection solaire (modérée).
- L'allantoïne est cicatriante, hydratante et adoucissante. J'en mets dans tous mes produits.
- le Soothex (Boswellia Serrata gum) traite et prévient les réactions inflammatoires. Ici, c'est entre autres le feu du rasoir que je veux minorer. Et comme je suis fou de l'encens, je ne peux que l'aimer. Celui-ci est communément appelé encens indien, son parfum est moins captivant que le Boswellia carterii ou le Boswellia Sacra (là, c'est un sommet olfactif indépassable, selon moi) mais il est plus «thérapeutique».
- le Fucogel est hydratant et donne un toucher velours à la crème.
- le TECA (Total Extract of Centella Asiatica) est un extrait végétal en poudre (moins pratique à utiliser que sa version TECA milk, je trouve) aux vertus cicatrisantes bien connues des dermatologues.
- le Rice NS pour absorber et matifier en plus d'adoucir.
- le bisabolol est anti-inflammatoire et adoucissant en plus d'anti-bactérien.
- la Biosoline est un composé de polymères de sucres qui aide les cellules à se défendre contre les UV A et B.
- la Kiosmétine, que Michèle apprécie dans sa crème visage, j'aime l'oncuosité qu'elle donne. Elle protège contre la pollution, active le renouvellement cellulaire et la fabrication de collagène.
Parfum:
Je l'ai fait simple autour d'un géranium ramené de la Réunion par un ami à qui d'ailleurs cette crème est entre autres destinée. Le couple encens-santal marche à tous les coups et le romarin de chez Hévéa donne ce qu'il faut de «puissance verte».
À propos de romarin, je trouve qu'il est rare d'en humer des bons. Ils sont souvent agressifs, boiseux, vulgaires en somme. Celui-ci, en revanche, est très fin.
Texture:
Vraiment ce que je cherchais : crème épaisse, onctueuse, brillante, zéro traces blanches, fondante et très pénétrante. Il y a un confort et une fraîcheur immédiats à l'application.
Et vous, avez-vous déjà utilisé un polymère en association avec un ester de sucre ? Je serais curieux d'avoir votre avis.
Ciao !
Savon marbré dans le bol
Par atelierdemichele
In english, "in the pot swirl soap".
J'en ai visionné plein sur la chaîne "toi tube" ^_^ et la plus explicite sans la musique qui vous vrille le cerveau me semble être celle de KBShimmer
Du coup j'en suis à mon 3è en quelques jours tant cette méthode est simple et agréable à réaliser.
Les couleurs sont plus franches en réalité, photos prises par temps gris et humide...
Formule du savon marbré dans le bol
- 30% huile de coco indienne
- 15% huile d'olive bio
- 15% huile de maïs raffinée
- 10% beurre de karité du Bénin
- 10% beurre de cacao bio
- 10% huile de palme bio
- 10% saindoux (lard)
Eau et soude pour un surgras de 7%
Oxyde jaune, oxyde rose, poudre de charbon de bambou
Huiles essentielles de ravintsara et ylang ylang à parties égales (superbe odeur très agréable à mon goût)
Ce n'est pas une formule très adaptée à ce mode opératoire, je trouve a posteriori qu'elle contient trop de gras durs dont une graisse animale qui durcit très vite. Il est destiné à une personne qui aime les savons durs, durables et moussants.
Mon savon est un peu "sec" sur les bords et ne rend pas le marbré aussi heureux qu'une formule avec plus de gras insaturés (minimum 50%).
Vue du dessus
J'ai découvert du coup plein de jolis blogs qui avaient déjà joué avec le savon marbré dans le bol ^_^ :
chez Macosmétodéco&co
chez Wistiti même en couleurs rasta
chez Swanee
chez Mystic
chez Elle06
chez Blank-savon...
J'en oublie certainement, n'hésitez pas à me laisser en commentaires un lien vers un savon de ce type qui m'aurait échappé.
Mode opératoire
1 - Procéder à la dilution des colorants dans le minimum de liquide possible (ici de l'eau) en formant un fluide bien lisse sans grumeaux.
2 - Fabriquer le savon comme d'habitude à froid en mélangeant la soude et les gras fondus à 38/42°C. Avant la trace et une fois que la pâte est bien lisse, ajouter les HE.
Verser la pâte dans les colorants. Bien mélanger sans aller jusqu'à la trace et laisser en attente.
J'ai choisi de mettre beaucoup moins de noir que de jaune et de rose.
Les pâtes colorées en attente
3 - Reprendre le bol principal et mixer jusqu'à une trace extra-fine.
Laisser en attente et mélanger les pâtes colorées jusqu'au même type de trace très fine.
La trace extra-fine
4 - Verser les pâtes colorées les unes à côté des autres dans le bol principal et à égale distance en fonction du nombre de couleurs.
Garder très peu de pâte au fond des pots colorés pour faire un marbré en surface. Il suffit en fait de ne pas racler le fond des dits-pots.
Deux couleurs se mettent face à face (midi et 6h)
Trois couleurs se mettent en triangle (midi, 4h et 8h)
Quatre couleurs se mettent à midi, 3, 6 et 9h...
Il faut choisir des couleurs assorties et laisser faire son imaginaire. J'ai choisi de mettre peu de noir mais en 2 points.
5 - Enfoncer une spatule en silicone dans l'une des couleurs jusqu'au fond du bol et tracer un cercle concentrique dans le sens horaire passant par chacune des couleurs jusqu'au point de départ.
Retirer la spatule et la mettre en attente sans égoutter dans l'un des pots ayant contenu les couleurs.
Sur la 2è photo ci dessous, la spatule entre dans la tâche rose et part à droite vers le noir, le jaune puis le noir et ressort dans le rose.
Répartition des colorants et marbrage à la spatule (sens horaire)
6- Verser la pâte dans un moule rectangulaire (le mien fait 1200g, c'est un bon poids pour ce type de marbré) en commençant par le centre puis glisser vers l'extrémité droite puis retour vers l'extrémité gauche. Et ainsi de suite jusqu'à épuisement de la pâte.
Reprendre les fonds de pâtes colorées laissés dans les bols et répartir sur la surface en lignes (photo 1 ci dessous). On voit que ma trace est malheureusement trop épaisse déjà.
Tapoter le moule sur le plan de travail pour bien aplanir la surface.
A l'aide d'une baguette , former des zigouigouis en surface pour terminer le marbrage en surface (photo 2 ci dessous).
"Marbrage" n'existe pas en français mais bon...
7- Isoler le moule ou forcer la phase de gel qui intensifie normalement certaines couleurs. Je trouve que les micas et les ocres marchent mieux que certains oxydes.
Découper le savon en pains réguliers sachant que les 2 bords seront les moins marbrés. Chaque savon sera unique.
Autre savon réalisé avec des ultramarines rose et violet, du mica rouge corail et des micas brillants
La formule de ce dernier est plus riche en huiles fluides et me semble plus appropriée au marbrage dans le bol .
Un exemple : 30 coco, 20 palme ou karité, 50 huiles insaturées.

































